Le film du mois
Retrouvez chaque mois notre critique cinéma des films diffusés dans les salles de la région.
N’hésitez pas à retourner sur cette page si vous avez vu le film et y a apporter vos propres commentaires.
The Hit Girls (Pitch Perfect)
Réalisé par: Jason Moore
Avec: Anna Kendrick, Brittany Snow, Rebel Wilson, Skylar Astin
Genre: Comédie (musicale)
L'avis du Ptit'Ju:
L'avis du public:
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Comme chaque année, le cinéma sera à l’honneur au mois de mai. En effet, du 15 au 26 se tiendra la 66ème édition du Festival de Cannes. Bon, ça a beau être la manifestation cinématographique la plus importante de l’année, vous me direz que ça nous fait une belle jambe. Et pourtant, le hasard du calendrier veut que ce début de mois de mai s’avère particulièrement chargé en films de qualité dans notre belle région, aussi éloignée des strass et des paillettes soit-elle. Le cinéma La Grange de Delémont nous permettra d’ailleurs de découvrir le film d’ouverture du Festival de Cannes, «Gatsby le Magnifique» (par le réalisateur de «Moulin Rouge» et avec Leonardo DiCaprio), en même temps que sa projection cannoise, soit le 15 mai. Au milieu de cette pléthore de films, choisir un conseil particulier n’a pas été chose aisée. Avant de se pencher sur le conseil du mois, un petit tour d’horizon s’impose donc...
L’embarras du choix
Dans la liste des films programmés ce mois-ci, il y en a pour tous les goûts. Les geeks et autres amateurs d’action ne seront certainement pas déçus par «Iron Man 3» qui, sans révolutionner le genre, réussit à poursuivre la série sans que la fatigue ne se fasse ressentir. Les esthètes auront aussi de quoi faire avec «The Grandmaster» – le nouveau film de Wong Kar Wai («In the Mood for Love») qui allie romance et Kung-Fu – et «Oblivion», gros blockbuster de science-fiction ultra léché. Et pour finir, s’il avait bénéficié d’une plus large distribution dans le coin, il ne fait aucun doute que j’aurais opté pour l’excellent «Effets Secondaires» de Steven Soderbergh avec Jude Law et Rooney Mara. Rappelant à la fois le cinéma d’Alfred Hitchcock et de Brian De Palma, ce thriller tendu et bourré de rebondissements jongle intelligemment entre critique des firmes pharmaceutiques et enquête paranoïaque. Mais bon, puisque la vie est faite de choix, il a bien fallu trancher. J’ai donc jeté mon dévolu sur une comédie dite «pour filles», parsemée de moments chantés qui plus est...
La théorie des genres
Les clichés ont la vie dure. Pas plus tard qu’hier, quelqu’un me disait encore «les comédies romantiques et les comédies musicales, c’est nul, c’est pas du cinéma». Quand on y réfléchit bien, la pertinence de ce genre d’idées reçues – très répandues – est plus que discutable. En ce qui me concerne, je pars du principe que la qualité d’un film ne dépend aucunement de son genre. D’ailleurs, les genres les plus souvent moqués (comédies romantiques, comédies musicales, films d’horreur...) comptent un nombre incalculables de chefs-d’œuvre. «Chantons sous la pluie» n’est-il pas un monument de l’histoire du cinéma? Et «Certains l’aiment chaud», qu’est-ce donc si ce n’est une comédie romantique? Est-ce nul pour autant? Quant à «Psychose», ça ressemble furieusement à un film d’horreur non? Voilà quelques exemples de films qui figurent parmi les plus grands titres de l’histoire du septième art et qui appartiennent pourtant à des genres qu’on a tendance à mépriser.
Un vent de fraîcheur
Attention, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit. Non, «The Hit Girls» n’est pas un chef-d’œuvre et il ne marquera pas non plus l’histoire de son empreinte. Malgré ça, il amène un sacré vent de fraîcheur. Sur le papier, rien de bien original: des groupes de lycéens qui chantent a capella – façon Voxset – s’affrontent lors de compétitions. Et pourtant, derrière ses allures de «film pour adolescentes» vu et revu, il se joue des conventions et ose même quelques petites impertinences. Le simple fait que les reprises soient toutes interprétées a capella réussit à rendre supportables – voire même amusants – les tubes les plus irritants de ces dernières années. De fait, cette excellente idée permet au film d’imposer un recul et un ton comique. En effet, l’ironie est explicite lorsque les chansons les plus ringardes sont chantées et dansées par ces jeunes qui donnent tout et qui vont jusqu’à singer les chorégraphies des pires boys bands.
Derrière la façade...
Ne vous fiez donc pas à l’affiche et ne prêtez aucune attention aux airs de pimbêche de certaines actrices. Contre toute attente, «The Hit Girls» prend un malin plaisir à déconstruire ces figures proprettes et maltraite les lycéennes les plus ridiculement BCBG. Le dénouement de la scène d’introduction devrait vous en convaincre mais je n’en dirai pas plus au risque de gâcher la surprise. Sachez juste que c’est... étonnant! Le personnage principal marque déjà une fracture avec ce monde de poupées Barbie. Pour son premier rôle principal, Anna Kendrick incarne Beca, une adolescente en marge et au look gentiment trashy. Contrairement aux jeunes de son âge, elle ne se réjouit aucunement de ses futures années de lycéenne. Plus préoccupée par sa passion pour le DJing que par les histoires de cœur, elle préfère rester cloîtrée dans sa chambre et passer son temps à mixer plutôt que d’aller rejoindre une association d’étudiants.
Des filles peu fréquentables
Forcée par son professeur de père qui, forcément, enseigne dans le même collège – quand je vous disais que le film n’était pas parfait –, elle se retrouve obligée de faire des efforts pour s’intégrer à la vie estudiantine. C’est alors qu’elle rejoint les «Barden Bellas», un groupe de nunuches qui participent aux fameux concours de chant a capella. Grâce à Beca, le groupe va se mettre à jour. Ce qui ressemblait à une amicale d’hôtesses de l’air se transforme en composition hétéroclite et plus subversive. Accueillant désormais une obèse, une lesbienne, une nymphomane et une ou deux potiches, les «Barden Bellas» affichent un visage tout de suite moins correct et plus contemporain.
Le meilleur du pire
Là où le film surprend – en bien –, c’est qu’à l’image des «Barden Bellas», il arrive à tirer le meilleur de ces personnages qui avaient pourtant tout pour mener au pire. Tout en recensant tous les clichés les plus poussifs qu’on puisse trouver sur un campus, «The Hit Girls» réussit à ne pas sombrer dans le grossier. Cette première réalisation de Jason Moore – connu jusqu’ici pour avoir dirigé des comédies musicales à Broadway – se revendique d’ailleurs plus des excellentes comédies des années 80 à la «The Breakfast Club» que des récents navets que sont les «High School Musical» et autres «Mes meilleures amies». Sa mise en scène est d’ailleurs loin d’être honteuse; on apprécie par exemple l’utilisation, simple mais efficace, du split screen lors la séquence des auditions qui joue sur les codes des innombrables émissions musicales télévisées. Ajoutez à ça de bonnes interprétations (attendez-vous à recroiser Anna Kendrick ces prochaines années), une bonne dose de situations cocasses et vous obtenez un film qui remplit parfaitement sa mission de divertissement. «The Hit Girls» est donc une agréable surprise comme on aimerait en voir plus souvent. Après sa vision, je me suis même surpris à chantonner «Give Me Everything» de Pitbull, c’est dire!
TG
Bévilard, Cinéma Palace
Vendredi 17 mai 2013 à 20h30
Samedi 18 mai 2013 à 20h30
Dimanche 19 mai 2013 à 16h00 & 20h00
Tavannes, Le Royal
Mercredi 15 mai 2013 à 20h00
Jeudi 16 mai 2013 à 20h00
Vendredi 17 mai 2013 à 20h00
Samedi 18 mai 2013 à 21h00
Dimanche 19 mai 2013 à 17h00
Lundi 20 mai 2013 à 20h00


